Berlin/Restos

Ça faisait squick squick

Une quasi vraie poutine – Photo / Florian Mey

Lorsque je suis allée avoir honte aux Galeries Lafayette, j’ai appris que dans le cadre de l’événement "Noël au Québec", il y aurait un petit resto, Chalet Québec, où l’on servirait des spécialités de la Belle Province.

Dans le menu, j’ai lu que pour 5 Euros, on pourrait manger une entrée de poutine (spécial comme entrée).

Hier soir, j’ai décidé de tenter le coup.

J’avais déjà fait l’essai d’une poutine berlinoise, qui m’avait bien entendu déçue. Ce n’était pas mauvais (j’ai mangé pires poutines au Québec), mais le fromage… disons que du mozzarella râpé, ça ne fait pas la job.

Mais cette fois-ci, j’étais préparée au choc : "N’aie pas trop d’attentes, ils n’en a pas ici de notre fromage." J’avais des appréhensions, mais j’étais prête à faire face à mon destin.

Marché de Noël – Photo / Florian Mey

Arrivée au Weihnachts Zauber Gendamenmarkt, un grand marché de Noël en plein air, où sont montés plein de chapiteaux sous lesquels on vend des trucs artisanaux, autant mangeables que portables. Les Berlinois y viennent pour l’ambiance, mais surtout pour le Glühwein, un vin chaud épicé à la cannelle, dans lequel on peut ajouter un alcool (amaretto, rhum, cointreau, etc.). On tient sa tasse avec ses mitaines et on prend de grandes gorgées qui réchauffent l’oesophage et embuent les lunettes. Je me suis laissée envoûter par l’atmosphère un peu féerique… et par les effluves de liqueur, je l’avoue!

Mais revenons à notre poutine. À une extrémité du marché, derrière de grandes baies vitrées, il était là : le Chalet Québec.

Le décor – blocs de glace, raquettes en cuir-de-babiche-mâché sur les murs – ne nous a pas refroidis. Deux poutines et deux verres de rouge, "sioupla".

L’aspect assez banal de la poutine permettait d’anticiper la déception tant redoutée. Qu’à cela ne tienne, je plantai ma fourchette dans les malheureusement-pas-tout-à-fait-assez-cuites grosses frites maison et les portai à mes lèvres. La sauce était bien épicée, plus raffinée qu’à l’accoutumé. Intéressante. Les patates n’étaient pas assez souillées de gras et frites et refrites pour bien se marier à la poutine (Dieu que notre plat national est un art!).

Le fromage, ast’heure. J’ai légèrement vendu le punch dans mon titre, mais j’ai du mal à contenir mes émotions : le fromage faisait SQUICK SQUICK. Il se pourrait que j’aie tellement voulu entendre ce son firmamentaire, que je l’ai finalement amplifié… mais la sensation était là. Le glissement caoutchoutesque sur la dent. La délicate fermeté en bouche. La fine touche salée.

J’ai interrogé l’aimable serveur quant à la provenance du miracle en crottes dans l’assiette. Il m’a répondu que le chef le faisait lui-même. Et, fin connaisseur, il ajouta que le goût se rapprochait beaucoup de la vraie poutine du Québec. C’était mon "cue". J’ai sorti mon passeport et ma ceinture flèchée, je lui ai chanté Gens du pays, j’ai gigué, je lui ai raconté la Chasse-galerie et je lui ai dit : ich komme aus Montreal. Je savais qu’il serait renversé de bonheur, qu’il m’offrirait de goûter tous les plats de la maison à des fins d’authentification, qu’il nous dirait "c’est sur mon bras, les jeunes"…

Bon, finalement, c’était pas du tout exotique, parce que sa blonde, aussi, vient du Québec.

J’ai quand même tenu à lui confirmer que sa poutine méritait de s’appeler poutine.
Ben content.

Il m’a suggéré quelques autres endroits où l’on sert de la poutine…
Un dossier spécial, ça vous dit?

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